LE FILM PUR

CINEMA LIBRE ET INDEPENDANT

24 février 2008

CENSURE AUX CESAR

          Au moment où, à l'initiative du  Collectif national de l’action culturelle cinématographique, près de 200 salles de cinéma françaises organisaient des  débats, et partagaient avec leur public les inquiétudes qui, depuis des mois, traversent les professions du cinéma; Antoine De Caunes entamait la lecture d'une lettre rédigée par Mathieu Amalric nommé meilleur acteur et absent pour cause de tournage.

         Le lendemain Mathieu Amalric a signalé par mail à Jean-Michel Frodon, rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma que son texte n'a pas été lu dans son intégralité et a été amputé de sa dernière partie, la plus militante et revendicatrice...

         Rappel des faits:

    Tandis que les pouvoirs publics, tout au moins à l’échelon national, se manifestaient surtout par leur absence, voilà qu’en décembre dernier, la nouvelle éclatait d’une baisse significative des crédits d’État alloués à la diffusion culturelle cinématographique.

     Début janvier, une rencontre au Saint-André-des-Arts, salle emblématique du Quartier latin, rassemblait quelque trois cents représentants de structures professionnelles décidés à riposter ensemble.

   C’est là que fut actée la création du Collectif national de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle.Le collectif réunit associations de spectateurs et réalisateurs, exploitants et enseignants, producteurs, techniciens et critiques, autant d'acteurs d’une filière dont seules des politiques volontaristes assurent la pérennité.

   Ce collectif qui appelait les exploitants a remplacer la séance de 21h par des rencontres et des débats le soir de la cérémonie des César avait également sollicité l’Académie des César pour que la cérémonie donne lieu à une prise de parole publique. Vous trouverez ici le texte du Collectif  que l’Académie des César n’a pas souhaité voir lu de manière officielle.

   Jeanne Moreau, a qui l'Académie remettait cette année un César d'honneur, a utilisé cette occasion pour relayer la parole du cinéma indépendant et de l'action culturelle.

   Mais le texte de Mathieu Amalric qui évoquait le travail souterrain que font les exploitants pour faire exister les films auprès du public et le tissu de salles qui fait vivre le cinéma français n'a pas pu être entendu ce soir là.

    N'avons nous pas d'autres ambitions pour notre cinéma que d'être le prétexte à un spectacle de divertissement de plus à la télévision, dénué d'enjeux et d'interêts?

     Quelle est la légitimité et la crédibilité de la Cérémonie des César si elle n'est plus la tribune de la diversité culturelle et l'exemple de la solidarité qui doit exister entre tous les acteurs du secteur?

Comment continuer à célèbrer la "Grande fête du cinéma" dans un pays  où les salles ferment dans l'indifférence et où on demande aux artistes de se taire?

         

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